GIAMPAOLO AMORUSO LES COULEURS DE LAME 


GIAMPAOLO AMORUSO (CF. VERRE N°6 VOL 9) L'UN DES ARTISTES LES PLUS RÉPUTÉS DU VERRE INTERNATIONAL, A DÉCIDÉ D'INSTALLER SA FAMILLE DE SCULPTURES DANS UN ATELIER NEUF, À DEERLIJK, EN BELGIQUE, INAUGURÉ CE PRINTEMPS COMME LE VEUT LA TRADITION DU NORD. SA PENDAISON DE CRÉMAILLÈRE A RÉUNI AMIS, COLLÈGUES ET FANS DE L'ARTISTE PENDANT UNE DIZAINE DE JOURS. UN ATELIER VASTE ET TECHNIQUEMENT COMPLET QUI RESPIRE GRÂCE AU JARDIN, ÉLÉMENT FONDAMENTAL DE CE SITE.


Ses poupées habitent la maison et l'atelier, grimpent dans les arbres, se cachent dans les massifs ou barbotent dans l'étang. Les sculptures de Giampaolo Amoruso sont élevées en plein air. Le lieu n'est pas destiné à séduire d'éventuels collectionneurs, mais à favoriser les échanges entre l'imagination de l'artiste et la nature, loin des grondements des fours. « Cet environnement est très important pour moi, explique Giampaolo. J'y suis souvent, seul, ou avec des amis. Avec la construction de mon atelier, il a fallu repenser le jardin, pour poser l'arrivée du gaz, sous l'allée actuelle. 

Ce projet a été orchestré en duo, avec mon épouse Katrien, sans idée de départ, ni influences, mais selon ce que nous aimons, tout simplement ».




Après deux mois de travaux,l'atelier de Giampaolo Amoruso est sorti de terre au mois de mai 2004. Cette surface de 220 m2 a été conçue et équipée par l'artiste, à l'emplacement d'un petit bois. La structure de métal abrite trois espaces distincts, destinés au soufflage, au travail à froid et à l'émaillage. Organisé comme un labyrinthe séparé par des cloisons préservant la circulation de l'air, il accueille tout l'équipement que contenait son ancien atelier, deux fois moins vaste dans l'ancienne forge d'une usine de textile : deux glory, deux arches, four de thermoformage, scie lapidaire, sableuse, compresseur, collection de moules et, plutôt rare dans un atelier d'artiste, deux postes d'air comprimé. À peine né, ce volume s'est peuplé d'étagères de couleurs, d'une nouvelle génération depoupées veillées par leurs consoeurs plus anciennes, et des premières réalisations en verre soufflé du fils et assistant de Giampaolo, Yann Amoruso. Composé comme un jardin de la Renaissance Italienne autour d'une allée axiale, l'environnement du sculpteur met en relation la nature, l'art et les jeux d'eaux. « J'ai mis des sculptures dans mon jardin parce que cela lui donne de la vie, confie Giampaolo. Je ne suis pas le premier à le faire, mais ce qui est particulier, c'est que j'y dispose mes personnages. Je les installe au gré de mes envies. Dans le futur, j'ai l'intention d'en mettre des plus grandes et réfléchis à des aménagements supplémentaires. Je pense créer spécialement pour le jardin, en essayer de l'arranger le plus naturellement et spontanément possible. Tout cet environnement est évolutif, certaines pièces pourraient être supprimées ou déplacées, et de nouvelles s'installer. L'hiver, j'enlève les poupées de l'étang pour les protéger du gel. Je projette de faire une fontaine plus construite. Celle qui existe actuellement n'est constituée que de blocs empilés sur lesquels un petit personnage prend sa douche. Actuellement, j'ai du plaisir à développer le côté gravure de mes personnages, le graphisme de leurs pantalons, souvent leurs seuls vêtements. Ensuite, je passerai à autre chose, car je travaille au gré de mon inspiration et de mes envies : choisir l'expression , des yeux, de la bouche, modifier leurs tailles, les couleurs... Mon jardin n'est pas terminé, on vient seulement de commencer à l'organiser, quelques années vont être nécessaires, même si aucune direction n'est clairement définie ». Les premiers spectateurs de ce théâtre vivant sont les gallinacés bavards du poulailler, les esturgeons et poissons rouges placides de l'étang, convoités par quelques hérons et goupils attirés par d'autres agapes que l'art topiaire ...

Claire Gaillard