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Artiste d'origine italienne, Giampaolo Amoruso recherche par son oeuvre un langage universel pour mieux comprendre et faire comprendre l'esprit du monde, pour pénétrer le subconscient en douceur. Ancien verrier des Cristalleries de Boussu (Belgique), il a profité de cette période de sa vie pour suivre des cours du soir et pour rencontrer du monde ; cela lui a ouvert les portes vers la sculpture en verre, où créativité ardente se conjugue avec prouesses techniques. Installé depuis 13 ans dans son propre atelier, Giampaolo Amoruso a champs libre pour s'exprimer et pour s'amuser. Les personnages, le corps humain sont des éléments de base de son langage depuis de nombreuses années, ainsi que la couleur omniprésente dans une ambiance ludique et spontanée. Ses ceuvres racontent une histoire, celle de leur mise en place par le geste du sculpteur. En choisissant la narration pour parvenir au geste créateur, et dans le mouvement même de ses sculptures, il se pose en passeur d'émotions. Pendant la résidence d'artiste à Sars-Poteries, au printemps 2003, Giampaoto Amoruso a décidé d'approfondir la confrontation des continents (Europe - Afrique) en réalisant des personnages noirs et en s'intéressant à la culture africaine. Il aime insister sur le regard et attacher une grande importance à la réalisation des yeux de ses personnages, car c'est la première chose chez l'homme qu'on regarde. Les yeux sont l'expression. Dans les yeux se manifeste le caractère, les yeux expriment l'âme de l'homme avec ses émotions et ses sentiments. Les gens s'interrogent, ils essayent de lire la personnalité et de comprendre l'esprit. D'après Giampaolo Amoruso, cette fascination pour la tête, pour la figure toute entière dans son œuvre, lui vient probablement du mélange des deux cultures dont il est issu : Italie - Belgique, et qui ont toutes les deux une tradition figurative. Mais à Sars-Poteries, il s'est intéressé au continent africain en tant que berceau de toutes les civilisations. L'Afrique interroge Amoruso - et les Africains le fascinent par leur beauté physique, par leur couleur de peau ainsi que par les contrastes des couleurs dans leur vie. Giampaolo Amoruso n'a jamais voyagé en Afrique - il s'agit seulement d'un rêve puissant. Il aime cette simplicité légendaire des gens dans les villages isolés - il souhaite leur rendre hommage en parlant d'eux avec respect. Giampaolo Amoruso a réalisé des o=uvres qu'il a mises en scène pour dire des choses. Selon lui, l'art a une fonction première par rapport à la société. Il recherche un côté très spontané à ses pièces pour dire les choses en douceur, pour exprimer sa vision sur la société. Ses sculptures se doivent de trouver une harmonie au monde - elles l'expriment tout au long de l'oeuvre du sculpteur avec ses formes rondes et douces, plutôt fortes où les détails sont finement travaillés.
C'est ainsi qu'il a réalisé des bébés de couleur enfermés dans des globes transparents. Ces enveloppes protectrices de forme arrondie représentent une liberté fictive : nous pensons tous être en liberté grâce à la transparence symbolique. Mais le bébé, qui est l'incarnation de l'innocence, qui est la représentation de l'être humain sans défauts, est enfermé dans ce globe, donc dans sa propre liberté. Notre liberté n'est qu'un leurre, selon l'artiste, qu'on soit en Afrique qui connaît les dictatures ou en Occident qui connaît la démocratie. On pense être libre dans sa tête et on espère faire ce que L'on veut. Les sculptures de Giampaolo Amoruso ne sont pas insouciantes, légères ou sans profondeur, mais au contraire empreintes d'une gravité et d'un sens du simulacre. Simulacre de la liberté et de la joie de vivre, minée par la possibilité du malheur et de l'angoisse. Il y a ce côté sérieux, grave, voire dramatique chez Giampaolo Amoruso, mais il y a de manière plus explicite encore un côté jovial et bon vivant tant dans son oeuvre que dans sa vie : espiègle, il adore s'amuser et détendre une atmosphère. C'est ainsi qu'il se refuse de réaliser des sculptures trop parfaites, avec des bras et des jambes exactement selon nature. Grâce à une extraordinaire maîtrise technique, il s'amuse à former et déformer ses personnages, à les mettre en scène et leur apporter les attributs nécessaires à ce monde imaginaire. Un mouvement, une couleur, un regard sont autant de clés vers la compréhension de notre existence. Et le spectacle que l'artiste nous offre n'est autre que l'expression de sa pensée profonde et la trace de son existence individuelle. De sa " prison récréative " où l'enfant s'amuse sur une balançoire mais se trouve piégé par le chien en laisse, aux tortues surmontées de personnages comme des guerriers, Giampaolo Amoruso fait allusion aux symboles de la vie. Les tortues qui transportent leur maison partout où elles vont, ne sont-elles pas le symbole de la culture que l'on emmène ? Et qu'en est-il du clin d'ozil aux calebasses - comme le réceptacle du gentleman africain - que Giampaolo Amoruso s'amuse à remplir de cravates colorées ou de petits soldats, le tout surmonté d'une tête qui rend l'ensemble un peu sacré ? Et les perles qui rappellent les traditions africaines ou les plumes qui symbolisent les ailes ? Sa démarche est toujours celle d'un créateur : il invente autour de lui une famille, il recherche le mouvement, le bonheur, la vivacité et l'énergie positive.
© Paul Louis.


Il trouve plaisir à sculpter, à modeler le verre plein d'harmonie et de charme. Giampaolo Amoruso parvient à utiliser la matière comme vecteur dans son art. Il construit des formes organiques qui nous permettent de nous rapprocher de la vie et de son sens. Le regard nous mène bien au-delà de l'apparence physique. Ses sculptures échappent à un questionnement universel sur la représentation, répondant à une introspection d'honnête homme sur ce qui pourrait être le minimum de l'humain. La fragilité de ses personnages nous donne le sentiment d'empathie : en tant qu'artiste, Giampaolo Amoruso possède son langage spécifique ainsi que son message qu'il s'amuse à révéler peu à peu. De toute manière :" sans philosophie, il n'y a pas de création "... Donc, à chacun la sienne !
Anne Vanlatum